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À mon grand-père, parmi tant d’autres

  • 11 nov.
  • 2 min de lecture

Par Gilles Brand - Rédacteur LOGOS


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En ce 11 novembre, la France se souvient de ses morts.

Mais dans le silence des commémorations, il y a aussi des voix plus discrètes, celles des Alsaciens et Mosellans incorporés de force dans l’armée allemande, ces hommes arrachés à leur terre et à leur langue, contraints de porter l’uniforme d’un empire qu’ils ne reconnaissaient pas.


Parmi eux, il y avait mon grand-père. Jeune, enrôlé malgré lui, il a connu la peur, le froid, l’absurdité des ordres venus d’ailleurs. Mais il portait en lui un défi moral, un serment secret:


ne tirer sur personne. Ne tuer personne.

Il y est arrivé. Au milieu du vacarme, des ordres et de la folie, il a gardé la maîtrise de sa main et la paix de sa conscience. Ce fut sa victoire silencieuse, son héroïsme intérieur : résister sans haine, survivre sans trahir son âme.


Ces hommes n’étaient ni traîtres ni héros au sens militaire du terme. Ils étaient simplement pris entre deux patries, entre deux langues, entre deux drapeaux, entre la fidélité du cœur et l’obéissance imposée. Leur guerre fut celle du déchirement moral, mais aussi celle de la dignité.


L’Alsace, à travers eux, a connu ce que peu de peuples ont enduré :être la frontière vivante de deux mémoires, le témoin d’une Europe qui se déchirait elle-même.

Et pourtant, de cette douleur, est née une lumière :celle de l’humilité du souvenir.

Ne pas glorifier la guerre,ne pas simplifier l’Histoire, mais comprendre ce que signifie rester humain au milieu de la déraison.


Mon grand-père n’a jamais revendiqué son courage. Il a travaillé sans relâche, élevé ses enfants, transmis sans bruit la paix qu’il n’avait pas connue. C’est peut-être cela, le vrai héroïsme : avoir traversé la guerre sans jamais cesser d’aimer la vie.


Aujourd’hui, à travers lui et tant d’autres, je rends hommage à cette génération effacée, celle des hommes qui ont vécu entre deux hymnes ,et qui ont su, malgré tout, rester fidèles à une seule patrie : celle du cœur.



En hommage à Antoine


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